Quels transports pour demain ?

Réunion publique – 23 mai 2017 – Voreppe

Introduction par Patrick Cholat qui présente les grandes lignes de son programme

Michèle Bonneton explique le rôle du député, ses moyens d’action et indique pourquoi Patrick Cholat sera un bon député. Elle explique les possibles lois à venir en matière de transports :

  • La mise en concurrence de la SNCF est prévue par une directive européenne (2020 pour le TGV, 2023 pour les TER) : une loi sera nécessaire. Depuis une loi de 1982, la SNCF a le monopole du rail en France.
  • Pour garantir l’achèvement des infrastructures lancées, il faudra trouver les financements nécessaires. L’État pourrait vendre ses participations dans des entreprises ou dans les aéroports (Roissy Charles de Gaulle et Orly) comme M. Macron l’a fait quand il était ministre pour les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice. Une loi sera nécessaire
  • La dette de la SNCF est très importante : 53 milliards d’euros au 1er janvier 2017. Pendant la campagne M. Macron a dit que l’État prendrait en charge une partie de cette dette : une loi sera nécessaire.
  • Lorsque le budget est discuté, le député peut proposer des aides spécifiques (pour les véhicules propres par exemple,…)

Les transports sont les 1ers émetteurs des gaz à effet de serre et des principaux polluants de l’air. Ils sont de gros consommateurs de l’espace.

Intervention du président du SMTC, le Syndicat mixte des transports en commun de la région grenobloise (Yann Mongaburu)

Principaux enjeux :

  • changement climatique. Engagement de l’accord de Paris (Cop 21) avec notamment une diminution de 40 % des gaz à effet de serre d’ici 2030.
  • pollution de l’air : viser à ce que d’ici 2020, la France respecte la réglementation européenne (l’Italie, l’Espagne et d’autres pays voisins le font).
  • redonner du pouvoir d’achat : la 2e dépense contrainte des ménages concerne les déplacements (la 1ère c’est le logement).

Il faut aller plus loin que les débats sur les infrastructures et les transports en commun :

  • développer la marche et le vélo : plan qui découle de la loi transition énergétique avec 12 % de part modale pour le vélo d’ici 2030. Pour cela il faut faire des pistes cyclables dès maintenant.
  • réaliser la transition énergétique des véhicules. Décroissance du diesel. Développer le GNV, l’électrique et l’hydrogène. C’est une opportunité économique et pour l’innovation si on ne fait pas le pari du laisser faire. Partager les véhicules (autopartage, covoiturage…). Financement : le « versement » transports arrive à son maximum. Créer une « pollutaxe » (fiscalité verte qui existe en Suisse, Italie, Allemagne…) concernant tous les camions qui traversent notre pays. Ce serait un outil pour dépolluer nos vallées, relocaliser nos productions.
  • Donner une priorité claire au ferroviaire. Difficultés : les bus « Macron » qui concurrence la SNCF qui se concurrence elle-même avec des bus lui appartenant !, la fermeture de lignes secondaires… On a un ministère des transports (avec des personnes qui connaissent le sujet) : quelles seront ses actions ?
  • Le coût du Lyon-Turin permettrait de remettre à niveau toutes nos infrastructures de rail.

Intervention du responsable du comité de ligne Grenoble-Valence (Yves Gimbert)

La dette de la SNCF est très importante. Pendant 40 ans la France n’a quasiment rien fait sur les infrastructures. La Suisse (grande comme Rhône-Alpes) a investi autant que la France pour entretenir son réseau.
Le mode de vie (péri urbanisation) entraîne la nécessité de nombreux transports. Gros problème : congestion de la Cluse de Voreppe (ça ne s’arrange pas).

Axes structurants : les 2 lignes de train Grenoble-Valence ; C’est un véritable effort de prendre la train actuellement (retards, grèves…). L’ouverture à la concurrence fera peut être bouger les lignes. Mais attention ! Il ne faut pas que ce soit seulement les lignes les plus rentables qui soient accaparées par les concurrents de la SNCF.

L’accès aux gares est peu organisé ; les parking doivent être des parking relais, l’agglomération grenobloise devrait participer à leur coût (les salariés vont pour la plupart sur l’agglo).

Intervention d’un ancien vice-président du Pays Voironnais en charge des transports (Olivier Finet)

Enjeux principaux :

  • social, la périurbanisation à un coût en matière de transport
  • sanitaire et environnemental, la santé publique est en jeu, il y a une pollution de « fond » permanente trop importante.

La volonté du Pays Voironnais a été de mettre l’usager au cœur des réflexions et des débats depuis 2008. Ainsi a émargé la notion d’intermodalité. Des bus ont été mis en place par le PAys Voironnais dès 2000. En 2010, le choix a été fait de plus de passages de bus ; ce qui a bien fonctionné puisque le taux de fréquentation a augmenté. En zone non-dense : développer l’autopartage (les 3e et 4e voitures mises en place s’autofinancent) et trouver des solutions pour un meilleur accès aux gares.

Il y a l’impérieuse nécessité  :

  • que les collectivités travaillent plus et mieux ensemble pour plus de cohérence
  • d’expliquer et de convaincre (les employés de l’agence de mobilité à Voiron savent le faire par leurs conseils)

Nombreuses interventions de la salle :

  • D’abord se poser la question de supprimer le besoin de déplacement. Donc favoriser le télétravail. Ça marche dans le privé, le développer dans le public.
  • Des difficultés et incohérences entre le Pays Voironnais et la Métropole (région grenobloise) : paiement des parkings…
  • N’est-il pas nécessaire de travailler avec tous pour faire sauter les blocages des institutions ? De la société ?
  • Réponses : ce n’est pas le clivage droite/gauche qui bloque les lois, la société. En fait ce sont les lobbies. Au Pays Voironnais, tout le monde pouvait travailler ensemble avant 2014, avant que certains ne cherchent à imposer leur point de vue.
  • Le fret ferroviaire a subi une véritable casse entre 2007 et 2012 (gares de triages supprimées, voies ferrées abandonnées…). Or, on en a grand besoin. Nécessité de discuter avec la SNCF ou un opérateur local de fret (financement par la pollutaxe).
  • Le Lyon-Turin Ce projet date de plus de 20 ans. La situation a beaucoup évolué :
    • décroissance très importante du flux de marchandises Ouest-Est ; le flux de circulation est maintenant essentiellement Nord-Sud.
    • la technique a évolué, les wagons autoporteurs ont un bien meilleur rendement. On pourrait beaucoup mieux utiliser les voies existantes qui ont été rénovées et qui ne sont utilisées qu’à environ 15 % de leur capacité.
    • Il y a eu casse de tout le système de fret français et il faut d ‘abord le reconstruire.
    • Le coût estimé par la Cour des comptes est de 27 milliards d’euros (elle a mis en doute l’utilité d’un tel projet).
    • Il y a un problème de légalité : le projet a été lancé par une loi récente ; Or il n’est pas financé bien qu’une loi de 2015 impose que son financement soit établi avant que les travaux ne commencent. Michèle Bonneton a écrit au Conseil Constitutionnel en février 2017 pour soulever ce point.

Les propositions de Patrick Cholat :

  • rapprocher l’activité économique et développer le télétravail (donc le numérique et le très haut débit).
  • faciliter le covoiturage et l’accès aux transports collectifs
    encourager les transports collectifs doux, les modes propres de déplacement (véhicules électrique, marche à pied,…) par des mesures budgétaires.
  • Aller vers une pollutaxe qui permet, en application du principe pollueur/payeur, de faire payer les camions qui traversent notre pays. Cela existe dans certains pays européens (Allemagne, Autriche…).
  • Faciliter le covoiturage et l’accès aux transports collectifs.