Quelle économie pour l’emploi ?

Réunion publique du 31 mai à Tullins

Patrick Cholat se présente et indique les grands axes de notre programme, puis présente le thème spécifique de la soirée.

Michèle Bonneton explique ce qu’est le travail d’un député, insiste sur le lien entre local et national et pourquoi Patrick serait un très bon député

Intervention de Jean Yves Dherbeys – Maire de Tullins :

Le développement économique local est vaste, compliqué, essentiel pour développer nos territoires et pour l’emploi.

Il y a des incohérences (de bassins, administratives, etc) , des enchevêtrements d’acteurs (associations d’industriels, chambre de commerce, chambre des métiers, communautés d’agglomération et de communes…)

La loi NOTRE organise les compétences entre conseil régional et intercommunalités. On attend les schémas régionaux : ceux-ci préciseront ils jusqu’où les collectivités doivent intervenir ?

Le rôle des élus est de faciliter le dialogue entre collectivités locales, chefs d’entreprises et autres partenaires. Exemple : l’entreprise Smog à Tullins va créer 13 emplois en partenariat avec la Maison de l’emploi. Il est parfois difficile de travailler avec certaines chambres consulaires qui donnent peu d’information.

Des porteurs de projets sont intéressés pour s’installer sur notre territoire. Pour bien les accueillir, il est important d’améliorer le dialogue entre acteurs économiques et collectivités territoriales.

Intervention d’Antoine Franco – Acteur de l’économie sociale et solidaire (ESS)

Entrepreneurs solidaires centre Isère (ESCI) regroupe, sur l’ensemble de la circonscription, 4 associations qui mutualisent leurs fonctions supports et leurs projets. Exemple : le fonctionnement de la ressourcerie de La Buisse qui a permis d’allier Emplois verts d’Adéquation et Passiflore. Une vingtaine d’emplois aidés et de CDI ont ainsi vu le jour.

Une coopération fructueuse entre représentants du territoire, de l’ESS et des entreprises voironnaises a permis d’obtenir le label national « Pôle territorial de coopération économique » et donc un financement pendant 3 ans jusqu’en 2016 ; ce qui a permis de développer des projets avec des emplois durables non délocalisables et de l’innovation sociale.

ESCI a 3 missions essentielles : favoriser l’émergence de projets/aider la mutualisation entre les structures /communiquer.  Exemple : le projet « co-matériaux » qui a pour objectif de valoriser les déchets du bâtiment.

Intervention de Jean-Marc Attali – Chef d’entreprise

Sa société fait des productions dans le domaine de l’électronique , elle emploie 80 personnes, son chiffre d’affaires est de 8,5 millions d’euros, elle se situe en milieu rural dans le pays matheysain.

C’est au niveau des PME- TPE que l’on peut vraiment créer des emplois notamment sur ce territoire après la fermeture des mines. Les emplois induisent des services publics de proximité, de la cohérence territoriale, de la solidarité, de la richesse pour notre pays ( 1 emploi permet de créer 2 à 3 autres emplois).

En France, depuis quelques années on a pris conscience de l’importance de l’industrie ; des outils nombreux ont été mis en place. Les entreprises du futur se développeront dans les secteurs de l’électronique, du numérique, des robots , des énergies renouvelables , des communications, du médical , mais aussi dans des secteurs anciens bien vivants. On aura besoin de fortes expertises du personne. On a beaucoup de difficultés à trouver des personnes compétentes au niveau de la formation de base générale et technique. L’alternance est difficile à développer et de nouveaux métiers naissent( pas de formation).

La compétitivité ne doit plus se faire par la baisse des salaires mais en tirant vers le haut le personnel et la technologie.

Dans l’entreprise les capacités collaboratives et la démocratie participative sont très importantes à développer.

Pour employer le CICE nous avons établi des priorités :

  • augmenter les bas salaires.
  • augmenter l’investissement.
  • puis ensuite : distribution de dividendes.

L’équipe dirigeante et les salariés se sentent unis pour faire réussir l’entreprise.

Échanges avec la salle :

Beaucoup de réflexions autour du CICE- Pacte de responsabilité : coût 41 milliards d’euros en 2016. Il est impératif de l’encadrer davantage, qu’il y ait des contrôles de son utilisation au niveau de l’entreprise, au niveau de l’État (demander des engagements : pas de dividendes si pas d’emploi crées…)

Il y a de grosses difficultés avec les filiales à l’étranger. Une réforme du travail pour des simplifications de lecture et juridique serait bienvenue (la Loi Rebsamen a introduit 60 pages supplémentaires) ; mais les droits octroyés aux salariés ne doivent pas être revus à la baisse.

A propos de l’ESS, les crédits de notre projet sur 3 ans se montaient à 130 000 euros (à comparer au CICE…). Actuellement l’attention et les crédits pour l’ESS ne font que diminuer surtout à la Région et à la communauté d’agglomération du Pays Voironnais. Il faut prendre en compte l’utilité sociale de l’ESS et lui donner toute son importance dans les politiques publiques.

La démocratie participative doit être développée partout et à tous les niveaux. La cohésion de la société vient de la participation de chacun à la vie de son milieu de travail et de la cité, sinon les gens deviennent des assistés (revendicatifs plus que propositionnels…).