Quelle agriculture pour l’avenir ?

Le mardi 6 juin à Vinay
20h, salle Brun Faulquier en mairie

Contexte : « Quelle agriculture pour l’avenir »?

Notre circonscription est l’une des plus agricoles de notre département avec des produits phares, connus et reconnus en France et bien au délà : la Noix de Grenoble AOP, le Saint-Marcellin IGP, le Bleu du Vercors-Sassenage AOP, la cerise Ratafia… Ils font notre fierté et sont un formidable atout pour notre territoire car aux côtés de nos nuciculteurs et de nos éleveurs, il existe un tissu d’artisans, de PME/TPE, d’entreprises de l’agroalimentaire, de coopératives, de centres de formation, d’évenementiels (Beaucroissant, St-Marcellin…)… qui contribuent activement au développement économique de ce territoire et à sa renommée touristique. Pour autant la situation n’est pas idyllique : nos éleveurs laitiers ont le plus grand mal à vivre dignement de leur travail, les prix de vente du lait ne couvrant qu’à peine le coût de production et nos producteurs de noix doivent faire face à l’arrivée de parasites et de maladies qui peuvent menacer la récolte. Devant ces enjeux, le législateur doit intervenir pour rééquilibrer les négociations commerciales face aux géants de la grande distribution, pour garantir un revenu décent, pour soutenir la recherche et promouvoir les alternatives aux pesticides notamment par le développement de l’agrocécologie.

L’agriculture demeure plus que jamais un métier d’avenir et sera l’une de nos priorités car elle porte des enjeux essentiels qui concernent chacun d’entre nous : la sécurité alimentaire, l’aménagement du territoire, la préservation de la biodiversité, les enjeux énergétiques (méthanisation…), le maintien des emplois en milieu rural…

Pour Patrick Cholat et Michèle Bonneton : Il est essentiel que les agriculteurs puissent vivre décemment de leur travail.

Ils travaillent beaucoup, ont des conditions de vie souvent difficiles, font beaucoup d’efforts pour être créatifs et innovants ( transformation à la ferme, magasins de producteurs, nouvelles pratiques , etc). Ils ont à répondre à des injonctions parfois contradictoires : de la production de qualité pas trop chère ; de la productivité et moins d’utilisation de phytosanitaires par exemples … Ici l’agriculture est riche de sa diversité ; il faut prendre en compte et encourager cette diversité au niveau de la France. Les traités internationaux comme le traité avec le Canada (CETA) vont porter préjudice à nos productions avec labels et aux producteurs de viande, nous y sommes opposés.

Intervention de Mme Guillon(« La poule aux fruits d’or ») de St Etienne de Crossey

Les agriculteurs ont une vie dure( faibles revenus, peu de loisirs etc) ; cependant beaucoup de jeunes sont intéressés par ce métier plein de sens , même non issus du milieu agricole . Mais il y a des freins puissants : le foncier( cher ; rare car les fermes existantes s’agrandissent, la PAC encourage les fermes de grandes surfaces) ; la pression des grands groupes agrochimiques ; Les enjeux sont importants : une alimentation de qualité, la création d’emplois (secteur prometteur). Attention à ne pas trop spécialiser les territoires ; nécessaire équilibre entre l’élevage( qui permet d’amender) et les autres cultures .

Intervention de Mr Gaillard (agriculteur et transformateur ; membre de l’ Association des producteurs fermiers de l’ Isère) de St Vérand

Il y a trop de contraintes administratives , pour les productions fermières, qui gênent le travail des agriculteurs. Le surmenage touche tous les agriculteurs. L’agroécologie se met progressivement en place ; elle se heurte à l’augmentation de la surface de la production de noix (rémunératrice) ; elle n’est pas assez aidée par l’Etat ; on expérimente des couverts végétaux sous les noyers , moins de desherbage, du nouveau matériel. Les consommateurs doivent comprendre qu’une alimentation de qualité a un coût. Autres problèmes : le loup maintenant présent sur les coteaux ; il ne faut pas exagérer avec le bien être animal. Il y a eu récemment à St Vérand 3 installation (3 femmes) : productions de petits fruits ; de plantes médicinales ; de fromages de chèvres.

Intervention de Mr Neyroud ( producteur de lait, de noix et activité bois ; président du Comité pour le St Marcellin)de Varacieux

Après la guerre il fallait produire pour nourrir les français, attention à ne pas détruire en produisant… Il est regrettable que l’agriculture serve parfois de fusible au niveau international (crise avec la Russie). Dans le budget des ménages le coût de l’alimentation semble stable à 14% environ , mais comme on consomme de plus en plus de produits transformés par l’industrie agroalimentaire : la part qui revient à l’agriculteur est de plus en plus faible de 4 à 8 % selon les productions. Les produits transformés par l’industrie sont, pour la plupart mauvais pour les agriculteurs, la santé, pour l’environnement. (exemple de l’école de St just de Claix et d’autres qui utilisent des produits locaux)

Intervention de Mr Blanchet de La Murette : Bien que pro européen, je constate que libéralisme et agriculture ne font pas bon ménage ; on attend l’Europe sociale et il faut revenir sur la Directive « Travailleurs détachés ». Il faut aller plus loin que la Loi Sapin II

Michèle Bonneton précise que les Députés « Les Républicains « ont voté contre la loi «Pour lutter contre l’accaparement des terres, pour le biocontrôle et pour les certificats d’économie de phytosanitaires » et se sont abstenus sur la Loi Sapin II qui présente des avancées pour les agriculteurs.

Interventions de la salle : L’agroécologie c’est une démarche très intéressante, elle doit être mieux accompagnée par les pouvoirs publics. Le Conseil régional freine considérablement la conversion en Bio et diminue beaucoup voire supprime les aides aux structures d’accompagnement de l’agriculture biologique; or en France les producteurs « AB » n’arrivent pas à répondre à la demande qui ne cesse de croître.

Autre problèmes : les retraites agricoles ; la non rémunération du capital

De nombreuse études sérieuses ( de l’INSERM, en Rhône Alpes, « Alerte médecins pesticides » etc) montrent que des maladies augmentent fortement ( autisme, cancers,allergies, maladies neurodégénératives,..) , ce qui pourrait être en lien avec l’alimentation et l’utilisation des pesticides. La Communauté de communes St Marcellin Vercors Isère a voté des subventions importantes à la SENURA pour des recherches appliquées pour des alternatives aux pesticides ; cependant seulement un agriculteur sur deux cotise à la SENURA.

Entre 2010 et 2012 la Communauté d’agglomération du Pays Voironnais a acquis une centaine d’hectares de terrain pour les mettre à disposition d’agriculteurs qui ont pu s’installer.

Quelques réponses de Patrick Cholat

Il faut entendre la souffrance des agriculteurs dont les animaux sont attaqués par des loups ; les indemnisations doivent être rapides ; maintenant le loup est présent au-delà des massifs isolés ; les règles et Lois doivent être modifiées. Le niveau des retraites agricoles n’est pas acceptable : tous les retraités doivent pouvoir vivre décemment de leurs retraites

Nos propositions figurent pour l’essentiel dans notre programme

Le dialogue est fondamental ; je m’engage à être à l’écoute et à rendre des comptes de mon activité parlementaire si je suis élu.